Vivre comme un Maharadjah
Vous en rêvez, mais n’en avez pas les moyens ? Direction Pondichéry. Cet ancien comptoir français baigné par l’Océan Indien est e passe de devenir la « Côte d’Azure » de l’Inde. Et l’on y vit de trois fois rien. Près de 8 000 français s’y sont installés.
Imaginez payer votre litre d’essence 75 centimes d’euros, votre kilo de légumes 10 centimes, dîner dans un restaurant gastronomique pour 6 euros ! Quant à l’immobilier, le loyer pour un palais des Milles et une nuits, une maison coloniale dans le centre ville, n’excède pas 500 euros. On l’aura compris la vie à Pondichéry est bon marché. En Inde, le revenu par habitant ne dépasse pas 400 euros. La ville est connue pour son ancienne et intense activité portuaire liée à son activité de tissage de coton. Elle vit aussi de l’agriculture, de la pêche et de l’artisanat. Mais à « Pondy », on fait aussi des affaires. Restaurants, commerces s’ouvrent tous les jours à l’initiative des Français. D’autres secteurs comme la biotechnologie, l’import-export, le tourisme sont en plein boom. Pondichéry est une ville qui bouge. Elle accueillera l’année prochaine le prestigieux festival du film français. Cette ouverture à l’Hexagone découle de son histoire. Jusqu’en 1954, Pondichéry était la capital des colonies françaises en Inde. Dans ce petit territoire, la décolonisation s’est faite sans violence, et l’héritage culturel de la France y est encore très présent. La deuxième langue est d’ailleurs celle de Molière.
La « french attitude »
Avec ses rues Romain-Rolland, Dumas ou Saint-Louis, son monument aux morts de la Première Guerre mondiale, la partie dite « blanche » de la ville révèle sa présence française. La ville est coupée en deux par un canal. D’un côté, la ville noire celle où vivent principalement les Tamouls. De l’autre, la ville blanche, donnant sur le front de mer. Vous pourrez y rénover s’anciennes bâtisses coloniales au milieu des bougainvilliers, non loin des libraires et du lycée français. A Pondichéry, vous trouverez des croissants chauds, un paris-brest, du camembert, apprécierez une terrine de lapin dans l’endroit le plus « in » du moment, le restaurant le Statsanga. Et même jouerez à la pétanque entre Pondichériens dans un square, donnant sur une église. Imaginez une voix vous demander soudain « Je tire ou je pointe ? » De quoi en perdre son latin !
Zen, soyons zen
Ici on respire aussi au rythme de l’Inde. Vivre à Pondichéry, c’est prendre le temps et profiter de la vie. Plonger son nez dans un sac d’épices. Dégustez le thali, un plat traditionnel accompagné de son chappati (pain local servant de couvert). Adresser une prière aux dieux en dansant le Bharat Natyam…Vous découvrirez aussi la sagesse et la « zénitude » indienne. Loin de vous, klaxons, stress et râleurs. Vous vous détendrez, la ville est la capitale mondiale du yoga. Vous vous élèverez, la vie spirituelle est intense. Pour les Indiens, la moindre activité quotidienne est liée au magique. Cela finit par vous gagner. Vivre comme un maharadjah, c’est toute une philosophie…
Pondichéry pratique
La santé
Aucune vaccination n’est obligatoire, mais il convient d’être à jour contre la diphtérie, le tétanos, l’hépatite A et B, la polio et la méningite…Il faut également être vigilant envers les moustiques qui transportent le chikungunya. Et comme tous les pays du sous-continent indien, le niveau d’hygiène laisse souvent à désirer.
Le climat
Fini pulls, moufles et bonnets ! A Pondichéry, le climat est tropical. On distingue trois saisons. L’été d’avril à juin où la température avoisine les 35°C. La saison des pluies parfois violentes de juillet à septembre, mais la température reste élevée. L’hiver d’octobre à mars où la température est agréable aux alentours de 25°C.
Les impôts
En quittant la France, vous espériez ne pas payer d’impôts. Eh bien, c’est raté ! La France et le gouvernement indien ont signé une convention afin de prévenir l’évasion fiscale en matière d’impôts. Pour plus de détails : www.impots.gouv.fr
Trouver un emploi
Pour ne pas débarquer nez au vent à Pondichéry, renseignez-vous auprès du consulat de France. Il dispose d’un service emploi-formation qui vous mettra en relation avec les entreprises locales cherchant du personnel français. La Maison des Français à l’étranger (MFE) offre aussi des informations sur la recherche d’emplois à l’étranger et la protection sociale. Consultez leur site : www.mfe.org
Les visas
Les visas avec autorisation de travail sont délivrés pour une durée n’excédant pas cinq ans. Pour cela, il faut qu’un contrat de travail soit signé en Inde. Le permis de séjour, limité à la durée du visa, et l’autorisation de travail doivent être demandés en France au ministère de l’Intérieur. Une fois sur place, présentez-vous au « Foreign registration Office » qui vous délivrera un permis de résidence.
Les superstitions et le savoir-vivre
Attention, éternuer porte malheur ! Surtout si cela se produit au moment où l’on entreprend quelque chose d’important. Ainsi, on joue une musique assourdissante pendant les mariages. Si quelqu’un éternue, personne ne l’entend et les mauvais présages seront écartés. Il est déconseillé de dormir la tête au sud, car pour les Indiens le sud appartient à Yama, dieu de la mort. Si vous êtes invité à dîner, ne proposez pas votre aide à la maîtresse de maison. C’st une offense pour elle et sa famille.
Article publié dans le Réponse à tout ! de mai 2007
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